Charleville : sale roussin
Père Peinard 2 avril 1893 : Le copain qui vend le caneton, m'en jaspine une belle : l'autre samedi, comme d'habitude, il dépose le journal chez un commerçant, marchand de pipes et marchand de vins. On échange quatre paroles : "Apropos, je ne vous ai pas donné vos étrennes, voici une pipe, vous plait-elle ?"
- Parfaitement, fait le camero et il la fourre dans son sac. Ca faisant, il aperçoit dans le fond un petit flambeau sur papier, qu'il avait reçu de Londres : il le sort et le donne à ce bourgeois.
Jusque là rien de mal, mais deux heures après, le copain se voit agriché par le brigadier de police, il est mené au poste et fouillé jusque dans sa casquette et sa cravate. Tout çà pour voir s'il n'avait pas des affiches vertes qu'il est accusé d'avoir distribuées. On l'amène au Palais d'injustice, chez le procureur à qui il dit que n'ayant qu'une seule affiche, il l'avait donné à Mossieu Scheil, chez lui, la porte fermée, que conséquemment, il n'y avait pas de contravention.
Le jugeur a été forcé de comprendre la chose et il a relaché le copain. Tout de même, il est rien salaud le Sheil ! C'est-y un policier amateur ou est-il attaché à la boite ?
Pour ce qui est de la pipe, le vendeur du caneton veut la bazarder pour 35 sous au profit des détenus.
Que celui qui tient à fumer une bouffarde de mouchard adresse le pognon à Thomassin.
Ecrit par libertad, le Mercredi 31 Mars 2004, 13:53 dans la rubrique "Les chroniques du Père Peinard".
