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Le Père Peinard dans les Ardennes

l'histoire anarchiste des Ardennes

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Nouzon : bonne propagande

Père Peinard 9 mai 1897 : Depuis que l'appel que les copains de Nouzon ont lancé, toute la police est à cran.

Le quart-d'oeil, ayant usé toute l'huile de sa lampe à embrenner le pauvre monde, en a attrappé une maladie : il est au pieu, salement attigé et n'a pu se déranger.

A son lieu et place, le garde-champêtre s'est foutu en campagne pour enquêter, cet anima qui, - lorsqu'il travaillait dans les bagnes, - était un tantinet anarcho, est devenu un sale muffle.

Dam, c'est le métier qui veut ça !

Or donc, il s'en va chez le débitant où se tenait les réunions; la troquette était seule, il a essayé de lui tirer les vers du nez, mais il en a été pour ses frais.

« Qui a présidé la réunion du jour de Pâques ?... qui qu'à rédigé le manifeste ?... qui qu'à fait ci, qui qu'à fait ça ?... »

Au lieu de répondre à toutes ces kyrielles d'interrogations, la bonne bougresse l'a envoyé chier où il met son pain.

Mince de renseignements !

Les canulages policiers n'en ont pas été terminés par là : la semaine dernière, le copain Roger faisait à son habitude, la vente des journaux, quand le flic vient à lui annoncer que le commissaire veut le voir.

Va te faire foutre ! Cent mètres plus loin, c'étaient deux cognes qui accostaient le copain et qui, au nom de la loi, ont perquisitionné tout son sac, déplié les journaux un à un. Les pandores auraient voulu pratiquer cette perquisition idiote à l'abri, chez un débitant, mais Roger n'a rien voulu savoir : il a tenu à ce que ça s'opère ne pleine rue, sous le nez des bons bougres qui se gondolaient du spectacle.

Enfin, la perquisition étant terminée, - sans résultats ! - Roger a pu continuer sa vente.
Mais foutre, il n'était pas encore quitte ! Cinquante mètres plus loin un maréchal-des-logis repiquait au truc de la perquisition.

Cette fois c'est en se tenant la panse pour qu'elle n'éclate pas sous leurs rigolades que les bons bougres ont assisté au tableau, - et ce qu'ils se sont foutus de la police, c'est rien de le dire !

Que voulaient-ils donc, ces bondieux de perquisitionneurs ?

Aider à la propagande ?

Si oui, ils ont réussi !

Mais, par contre, s'ils avaient l'intention de l'entraver, ils se sont fichus le doigt dans le croupion.

Ecrit par libertad, le Samedi 4 Mars 2006, 18:08 dans la rubrique "Les chroniques du Père Peinard".

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