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Le Père Peinard dans les Ardennes

l'histoire anarchiste des Ardennes

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1er mai : Grabuge à Nouzon

Père Peinard 7 mai 1893 : Le conseil municipal qui est tout farci de possibilos avai recommandé le calme jsqu'à plus soif. Ce jour-là, on devait poser la première pierre d'une nouvelle mairie...

Comme lapin posé au populo, c'était pas mal !

La gnolerie se passait à l'ombre du torchon tricolore et aux flonflons de la "Marseillaise".

Le populo commençait à y trouver un cheveu, quand une trifouillée de copains s'amènent juste à pic, chantant à pleine voix : le Père Duchesne, les Anti-Patriotes, les Pieds-Plats, la Carmagnole.
"Eh bien quoi ! Et le drapeau rouge on ne le déploie pas ? que dit un révolutionnaire à un anarcho.

-Illico, répond le camaro, si seulement 50 des votres l'accompagnent pour le défendre"

Mille bombes, c'est pas 50, c'est 600, c'est 800 prolos qui s'amènent, se rangent derrière le drapeau, gueulant à pleins poumons : "Vive l'Anarchie ! Vive Ravachol ! A bas les gendarmes ! "

Dame, les pandores ont voulu mettre le hola.

Et les pierres de leur pleuvoir sur la gueule !

Par trois fois les gendarmes viennent à l'assaut, trois fois ils sont repoussés : du drapeau ils n'en agrichent pas une miette. Seul un bout du manche leur reste dans les pattes, - mais pas avant qu'un petit fieu ne l'ait utilisé pour casser à moitié la margoulette à l'un d'eux.

Les cognes avaient fait un prisonnier : il leur a fallu le relâcher, on les aurait écharpés !

Oh mais, c'est qu'ils ont du sang dans les veines, les prolos de Nouzon ! Si ce n'était que quelques-uns se laissent encore embobiner par les gnoleries des socialos politicards, les bourgeois en verraient de dures avec eux.

Baste, ils y viendront !

A un moment, voilà qu'un gendarme sort son révolver. Un prolo se campe en face et ouvrant sa chemise, lui gueule : "Tire donc, lâche, si tu as du coeur ! "

Et les bonnes bougresses de crier : "Lâches ! assassins ! Faites comme à Fourmies ! "

 

Ecrit par libertad, le Lundi 31 Mai 2004, 23:44 dans la rubrique "Les chroniques du Père Peinard".

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