Cons la Grandville : ils ont du nerf !
Le Père Peinard 5 juillet 1891 : Encore un petiot patelin des Ardennes.
Pour l'instant, y a une grève et elle a une petiote tournure galbeuse.
L'autre jour, fillettes et garçons rencontrent l'exploiteur Hénon. Ah, ça n'a pas été fini, cette histoire là !
Les loupiots entourent mon cochon, et te lui braillent en choeur en dansant une ronde, un couplet de la Carmagnole, mis à la sauce du patelin et ousqu'on se promet de couper la gueule à Hénon.
Mince de hure qu'il faisait au milieu de la bande joyeuse !
Le plus rigolboche, c'est que les exploiteurs sont foutus à l'index, à telle enseigne qu'un boucher leur a refusé de la bidoche; ils sont obligés d'aller faire leurs emplettes aux environs.
Enquillés dans leur cambuse, ils n'osent plus en sortir, les singes, tellement ils sont hués dans les rues.
Les cognes ont beau se démancher, ils ne coupent pas la chique aux bons bougres.
Ainsi, y en a quatorze qui passent en correctionnelle, - y a pas de pet que ça fasse taire les autres...
Voilà qui est démoucheté, pour un petit patelin !
Si partout ça ronflait pareil, on ne serait pas longs à exproprier les patrons, à les foutre à la porte de leurs usines, et à faire tourner les machines à notre profit.
Ecrit par libertad, le Samedi 3 Avril 2004, 11:37 dans la rubrique "Les chroniques du Père Peinard".
